19 09 2013

Joël Tettamanti
Images issues de la série Cols Alpins, Suisse, 2001-2012

19 09 2013

Joël Tettamanti
Images issues de la série Where the mountains have no name, Népal, 2011-2012

 

Non je n’avais pas oublié Joël Tettamanti pour figurer au sein de ce blog. Vous vous doutez bien qu’il était dans ma (longue) liste. J’attendais juste le bon moment, voire même une occasion particulière comme sa victoire sur le Lacanau pro 2013 ou plus simplement la publication d’un nouvel ouvrage sur son travail. Pas facile de trouver le bon timing. Aussi compliqué que de mettre la main sur ce photographe-voyageur.

Difficile aussi de réduire son travail à la montagne (c’est néanmoins le jeu ici) tant il arpente de territoires mais cet élément semble revêtir pour lui une signification particulière. Ayant vécu dans les paysages vallonés du Lesotho pendant sa jeunesse puis dans le très vallonné Jura suisse, la montagne c’est son habitat naturel. Tout simplement. L’une de ses premières séries intitulée Cols Alpins, et qu’il débutera (2001) lors de ses études, prendra lieu et place au sein de proches vallées actant de son affinité pour la roche, le blanc ainsi qu’une certaine solitude. C’est par ses images que je l’ai rencontré.

«La série partait d’un constat très simple: en Suisse, l’accessibilité de la montagne est exacerbée. Partout, on peut accéder par des routes parfaitement carrossables à des cols, sans quitter sa voiture on arrive à des altitudes très élevées. Ce paradoxe de montagne bâtie m’a fasciné.»

Le bâti, les constructions, traces de notre civilisation, voici donc ce qui fascine le photographe qui par ce biais témoigne de notre monde en expansion (architecturale). Les vues d’ensemble précisant le plan d’organisation d’une nature (asservie) se succèdent aux détails précis (et de trois-quart) d’un environnement quotidien. La nature et l’homme, un balai étourdissant. Tôles joyeuses, béton endormi, géométries aiguës. Mais loin d’opposer (béatement) les choses, sous son regard tout semble appartenir à la même entité. Il aurait le don de fusionner ces royaumes sous le voile noir de sa chambre photographique en faisant de chaque image un paysage («j’ai l’impression que dans les portraits, je trouve les mêmes éléments que dans les paysages»). Plutôt génial.

En arrière plan des constructions rocheuses dépassent l’entendement, et je me demande quel architecte est derrière tout cela. Aucun doute, Joël doit sûrement le connaître.

 

PS. Ah oui! Vous vous demandez quand même quelle est donc cette occasion si particulière pour laquelle Joël Tettamanti est (enfin) à l’honneur. J’ai fini par la trouver. C’est le centième post de ce blog. Cela se fête non ?

19 09 2013
19 09 2013

Joël Tettamanti
Images issues de différentes séries

J’inaugure ici une petite série nommée toit-sommet et qui ne compte à ce jour que deux images. La seconde n’étant après réflexion pas terrible, il n’en restera qu’une que l’on doit au photographe Rob Hann.

www.robhann.com

9 09 2013

Rob Hann
Images issues de la série The Plant That Ate the South

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Alexandre j’ai essayé de te contacter en vain. J’espère que je peux montrer tes images ici. À vite. Jad

PS. La montagne à la chambre 20 x 25 c’est la classe.
PS2. Un blog de montagne en 600 px de large c’est moins chic. Désolé.

Une interview du photographe ici, son site .

8 09 2013

Alexandre Jeser
Images issues de la série Espaces déterminants (2000-2004)

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Into the great white sera le titre du prochain livre de Yves Suter que l’on pourra trouver chez Hakuin Verlag. En attendant d’avoir entre les mains cet ouvrage bien snowboard et de vous en parler un peu, voici quelques images issues de son blog.

www.yvessuter.com

4 09 2013

Yves Suter

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Une petite image glanée sur les réseaux sociaux qui annonce la sortie du prochain livre de Céline Clanet autour de son travail dans la vallée des Chapieux. Sortie prévue en 2014 chez Actes Sud. À suivre…

3 09 2013

Céline Clanet 

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20 08 2013

La trace de l’ange, la vie de Marco Siffredi         Antoine Chandellier, Éditions Guérin, 2005

«En redescendant, le cœur léger, je sifflote gaiement. Je viens de gagner le ticket pour le cap Horn, l’Amazonie… Ah ! Connaître l’enfer vert, la chaleur suffocante, les moustiques, les papillons aux ailes moirées, manger de la soupe de perroquet Ara, de la queue de caïman, avaler des larves gluantes, découvrir les mers du sud, entendre rugir le vent des quarantièmes, entendre hurler celui des cinquantièmes en doublant le cap Horn, siffler le dauphins qui dansent au clair de lune, apercevoir les glaciers qui brillent au fond des fjords ! Je veux vivre à en crever…»

Comment ne pas commencer ce texte par cette citation de Jean-Marc Boivin (issue de L’abominable homme des glaces, 1983) qui fût l’un des modèles de Marco Siffredi. Vivre à en crever ! Voilà qui résume bien les intentions du chamoniard et sa disparition en 2002 lors de la descente du couloir Hornbein (en face nord de l’Everest) finit d’enfoncer le clou. Il n’avait pas de temps à perdre. Il avait 23 ans, «épuisé» les couloirs au dessus de chez lui, perdu des proches, fait des premières et surtout grillé quelques « crédits »  comme il disait. Dieu sait ce qu’il aurait pu encore descendre si il avait fini son Hornbein…

Dans des couloirs à 45, 50, 55, 60° c’est moins du freeride que de l’engagement physique et mental pur et extrême (un terme déjà à l’époque bien dévoyé) : «là où s’arrête le freeride, commence ce moment où le droit à l’erreur n’est pas permis». L’extrême donc, piolets aux mains, carres ultra affutées et gros cœur notamment lors de la première en snowboard du Nant Blanc (voie Charlet-Platonov, ED+) à l’Aiguille Verte en 1999. Seul, sur les traces de son mentor Jean-Marc Boivin qui fit la première en ski 10 ans auparavant, le jeune Marco devance André-Pierre Rhem et Jérome Ruby (ici en face nord du Triolet) eux aussi dans les starting block pour cette première.

Au fil du livre l’on se retrouve plongé dans le Chamonix des années 1990, dans cet univers confiné où la montagne nourrit les familles mais peut tout aussi bien les détruire, dans ce lieu écrasé par les sommets et l’histoire mais également dans une période « rebelle » où les références ont changé, où les limites sont repoussés (je pense à Bruno Gouvy, Berhault, Boivin bien sûr) et où notre héros vit à 100 à l’heure. Ce récit se tient donc là et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai suivi, sur le fil, Marco Siffredi, un mec qui commença le snowboard à peu près en même temps que moi. De mon côté, sur les pentes vallonnées de Saint-Gervais et lui sur les versants beaucoup plus raides de Cham’. Une sacrée différence…

20 08 2013
19 08 2013

Annapurna, une affaire de cordée, David Roberts                     Éditions Guérin, 2012

Annapurna, premier 8000 (Arthaud, 1951) trône déjà depuis un petit moment en haut de ma pile de lecture. Dès qu’un ouvrage se finit je me penche avec bonheur sur cette dernière mais allez savoir pourquoi le livre de Maurice Herzog ne finit jamais entre mes mains. Ce monument de la «littérature» de montagne (env. 10 millions d’exemplaires vendus) m’attire tout autant qu’il me semble d’un ennui effrayant et le voici à nouveau repoussé au profit d’un autre. Quasiment certain d’embarquer dans une classique expédition himalayenne (à l’âge d’or de ces dernières en plus) où le lyrisme de l’auteur occulte souvent la réalité des choses, où le lecteur en proie au sommeil chemine entre trois rhododendrons et quelques sentiers abrupts, et où parvenu au sommet (ou pas) l’équipe exulte et redescend gaiement perdant des bouts de doigts avec joie et sentiment du travail accompli. M’étant donc volontairement tenu à l’écart de cet «Everest» de la littérature alpine (ou plutôt himalayenne!), je n’en avais pas moins suivi les polémiques autour de son auteur (lyrique) Momo aka Maurice Herzog : chef de l’expédition, maitre à penser de l’aventure et conteur officiel de l’ascension puisque qu’un contrat noué (imposé) entre ce dernier et les participants les empêchera de publier quelques mots que ce soit pendant une durée de 5 ans laissant ainsi le champ libre à la version de Momo. Il y avait donc une intrigue autour de Annapurna, premier 8000 car le chef aurait «un peu» raconté l’aventure à sa sauce omettant de nombreux détails et pire occultant le rôle de ses principaux coéquipiers (et pas des moindres) à savoir les alpinistes Lionel Terray, Louis Lachenal et Gaston Rebuffat (aka Rabbifoot cf. Greg Child). C’est à cette instant que le livre de David Roberts, Annapurna une affaire de cordée, tomba dans ma boite aux lettres m’éloignant encore fois de Annapurna, premier 8000. La promesse de l’auteur était ni plus ni moins que d’éclaircir cette histoire. L’équipe est-elle parvenu au sommet ? Quel fut le rôle précis de chacun ? Momo s’est-il un peu emballé ? Etc.

Si l’on se replace quelques instants dans le contexte des expéditions himalayennes de l’époque, il s’agit d’une course nationale au premier 8000 et chaque pays fait le siège de son sommet. Les anglais arpentent l’Everest depuis 1920 et rate de peu (ou réussissent admirablement ! La réponse est coincée dans l’appareil de photo de Mallory qui se trouve a priori toujours aux environs de 8000 m du côté nord de l’arrête sommitale de l’Everest) le sommet en 1924, les Italiens explorent le K2 (Bonatti, tout ça…), les allemands fréquentent le Nanga Parbat (Hermann Buhl tout ça…) et les français hésitent entre le Dhaulagiri et l’Annapurna dont il ne trouve pas vraiment l’accès. Il faut rappeler qu’à l’époque l’aventure commençait assez tôt puisque les points de départ des voies d’ascension étaient à découvrir et surtout à confirmer. Les Français arrivèrent donc au sommet (on en est sûr) le 2 juin 1950, l’Annapurna fut le premier 8000 gravi et le livre de Momo fut le récit officiel qui marqua de nombreux lecteurs. Ce livre déclencha même des vocations ce dont notre journaliste David Roberts s’étonne :

« À première vue, cela peut sembler curieux qu’un récit dont les personnages côtoient sans cesse la mort, soumis à la terrible épreuve du froid et du vent, pour finalement se voir amputés dans des conditions effroyables de leurs doigts et de leur orteils noircis par la nécrose, puisse encourager le moindre lecteur à escalader les montagnes.»

Ainsi une expédition placée sous le signe de la lutte des nations, un chef alpiniste amateur décrié, un contrat imposé aux autres grimpeurs dès leur départ, une équipe de fortes individualités dont certaines occultées jusque dans le récit : voici les quelques ingrédients de cette affaire (de cordée).

Le livre de Roberts, publié en 2000 (puis en français en 2012), a cela d’enthousiasmant qu’il permet de simultanément se plonger dans une même aventure à la lumière de quatre récits différents. Suite à la période d’exclusivité imposée par Maurice Herzog, Lachenal, Terray et Rebuffat écrivirent bien évidemment leurs versions de l’Annapurna que l’on retrouve dans respectivement : Carnets du Vertige (dans sa version non expurgée, 1996, Éditions Guérin; Les conquérants de l’inutile, 1961 chez Gallimard puis plus récemment chez Guérin et enfin Gaston Rebuffat, une vie pour la montagne d’Yves Ballu, 1996, Hoëbeke) et c’est là que les choses deviennent intéressantes et que le journaliste nous guide dans les détails de l’expédition et les dissonances avec Annapurna, premier 8000. Du départ de l’équipe aux années qui suivirent le retour cette dernière, les faits sont confrontés, les mots sont pesés et les vérités éclatent violemment parfois. Il est à ce stade malheureusement difficile d’en dire plus sous peine de dévoiler les tenants et aboutissants de cette épopée et je terminerais avec les mots de Lachenal concluant l’ouvrage : « Cette marche au sommet n’était pas une affaire de prestige national. C’était une affaire de cordée

1 08 2013

Les vacances commencent. Loin de la montagne, j’en profite pour dévorer les livres qui s’était empilés chez moi en prévision de cette période propice. Un paquet de chez Guérin, contenant Greg Child, Marco Siffredi et David Roberts, arriva juste la veille du départ. Ouf. Je ferais un petit topo sur ces lectures estivales très vite.

30 07 2013

Wood block bookends

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À propos de Camilo Echavarria et des images qui suivent…

Les images de Camilo Echavarria, jeune photographe colombien, abordent le paysage d’une manière assez distanciée. Une collection d’archétypes en quelque sorte, ces images ne représentant pas le lieu en soi mais l’idée de ce lieu. Un paysage subjectif donc, idéalisé, clin d’œil au paysage dans sa tradition « peinturo-romantique ». Où l’on découvre donc pas mal de verdure, des rivières, des arbres, du soleil mais aussi quelques pointes rocheuses qui ont attiré mon regard. Des pointes rocheuses colombiennes et enneigées.

La suite de l’exploration de son travail nous transporte à Yosemite, à la sortie du tunnel qui ouvre sur une vue iconique et somme toute assez belle. Cette œuvre empile des panoramas identiques (par le biais de la vidéo) comme une somme froide et mécanique aboutissant à la fabrication d’une seule image. C’est encore une fois la question de l’idéalisation du paysage, de la construction (mentale) d’une image incluant toutes celles existantes. Une séquence subtile et agréable, une chambre avec vue sur El Capitan de surcroit.

Sur un autre registre, le photographe s’est intéressé à Erwin Kraus : un explorateur photographe alpiniste (une fonction à rallonge courante au début du XXe siècle) colombien (comme son nom ne l’indique pas) ayant consacré une bonne partie de sa vie à explorer les massifs sud américain. N’étant pas hyper familier de la langue espagnole (j’ai fait allemand ce qui toutefois ne me permet pas non plus de déchiffrer cette langue. j’exagère à peine), j’ai eu du mal à décrypter le texte lié à ces images et écrit par Camilo. On y parle a priori de passion, de conquêtes, de montagnes et de photographies. Un cocktaïl à mon goût.

15 07 2013