Petit tour au K2 avec les posts qui suivent.

1 12 2012

La folie du K2, Charlie Buffet
Éditions Guérin, 2004

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La folie du K2                    Charlie Buffet, Éditions Guérin, 2004

Qu’il est bon de revenir en Himalaya par le biais de ces récits compilés et haletants. Et sous la plume du journaliste ce sont sept courts chapitres que l’on dévore d’un trait. Le Chogori (8611 mètres) aka Karakoram 2 aka « Kay two » est une montagne belle et meurtrière. Sa taille est démesurée (37 Cervins !), son pouvoir d’attraction puissant et son sommet cosmique : Il faut imaginer le sommet non comme un lieu physique (…) mais comme une bulle. Un espace de non vie au confins de la stratosphère. Aux aurores la déesse appelle inexorablement ses fidèles et leurs prières n’y changent rien. C’est dans le bleu sombre du ciel que leurs corps d’envolent, se détachent, s’épuisent. Bonatti, et son sherpa délirant, la tête dans la neige se protégeant du froid dans un bivouac improvisé (et imposé). L’hécatombe de l’année 1986 et l’ascension Profit/Béghin : fin de carrière pour l’un et prélude d’une ascension mortelle pour le second. La folie du K2 appelle bien d’autres aventures, bien d’autres lectures.

1 12 2012

Il ne manque le son !

1 12 2012

Vidéo issue de l’agence aérospatiale allemande
dans le cadre de l’expédition K2 North Pilar
© DLR, 2011

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1 12 2012

Images 3D issues de l’agence aérospatiale allemande
dans le cadre de l’expédition K2 North Pilar
© DLR, 2011

En août 2011, l’autrichienne Gerlinde Kaltenbrunner accroche le K2 à son palmarès et devient la première femme au monde à avoir gravi l’ensemble des 14 « 8000″ sans utilisation d’oxygène artificiel. Le centre aérospatial allemand (DLR) a apporté son concours à cette expédition et par le biais de ses relevés satelittes a mis au point une carte 3D du K2 permettant l’étude précise de la route d’ascension bien en amont. Ce sont les images et la vidéo des posts ci-dessus. Le projet plus en détail se trouve sur le site de l’agence.

1 12 2012

Gerlinde Kaltenbrunner, Conquering K2
National Geographic Live!, avril 2012

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28 11 2012

Makalu, Pilier Ouest, R.Paragot / Y.Seigneur (Arthaud, 1972)

Makalu, Pilier Ouest                   R.Paragot / Y.Seigneur (Arthaud, 1972)

Amateur de cordée alpine légère et gracieuse, inconditionnel d’Ueli Steck (son livre Speed sort d’ailleurs en janvier aux éditions Guérin) ce livre sera votre pire cauchemar. Ici on déroule des kilomètres de cordes fixes, on se propulse aux jumars et on rentre même en hélicoptère jusqu’à Lukla. C’est plus rapide.

Nous sommes en 1971 et le Makalu (8481 mètres à l’époque mais 8463 aujourd’hui), déjà propriété française (L.Terray, J.Couzy, 1955), se voit attaqué par son pilier ouest : une formidable arrête de presque 2000 mètres. La Walker de l’Himalaya dira-t-on à l’époque. Temps exécrable, sherpas inexpérimentés, tentes Makalu (!) et alpinistes barbus. Environ deux mois et 5890 mètres de cordes fixe plus tard (!), l’assaut se précise. Le 23 mai 1971 pour Bernard Mellet et Yannick Seigneur c’est : summit!. Que retenir tout de même de ce livre pas tout à fait palpitant : on y trouve de nombreux schémas scientifico-intéressants (courbes de niveaux et topologie du pilier ouest, histogramme des altitudes par alpiniste sur toute la période de course, etc.), les chaussures Galibier « Demaison face nord » utilisées par l’équipe pèsent 6 kg 800 la paire, les bouteilles d’oxygène fuyaient presque toutes et les masques étaient si gros que les alpinistes ne voyaient pas leur pied. Leur utilisation en a été par conséquent restreinte et l’ascension s’est faite quasi sans apport d’oxygène sous 8000 mètres. Au delà il le fallait bien et les alpinistes ont fait ce qu’ils ont pu. À ce propos une réflexion est évoquée par Robert Paragot, le chef d’expédition : Les gains d’énergie et de vitalité dus à l’apport d’oxygène ne sont-ils pas entièrement utilisés à transporter le matériel qui fournit ce gain ? (…) on peut se demander où est le bénéfice dans cette opération ! Pour conclure, je vous laisse avec ce même Robert Paragot et ses pensées visionnaires (à remettre dans le contexte mais tout de même) :

On m’a parfois demandé si il était raisonnable, compte tenu du perfectionnement des techniques et du talent de jeunes générations de grimpeurs, d’envisager la réalisation, sur les très grands objectifs himalayens, d’expéditions légères de style alpin, menées tambour battant, en quelques jours (ndlr. voire en quelques heures!), avec bivouacs. À la lumière des expériences récentes de l’Annapurna Sud (ndlr. Whillans, Haston sous la conduite de Bonington) et du Makalu, je crois pouvoir répondre : non; catégoriquement non. (…) Comparer les Alpes à l’Himalaya, c’est commettre une erreur fondamentale, car on ne peut comparer que des choses comparables. (…) Il faudra (…) un recours systématique aux engins aériens, à l’hélicoptère en particulier, qui supprimera les problèmes de portage et de ravitaillement. Les marches d’approche aussi. Easy !

28 11 2012

Guillaume est l’un des meilleurs amis de Lionel (le post ci-dessous : St Honoré 1500) et cette série est l’objet de son sujet de diplôme que l’on peut trouver plus développé sur son site.

Constructions fantastiques que ces tremplins. J’ai toujours adoré l’architecture de ces catapultes pour skieurs en combinaison de mousse. Quand j’étais plus jeune je perdais souvent mon temps sur Eurosport. On avait le droit soit à du snooker, soit à des compétitions de fléchettes soit à du vol à ski. J’étais fan de Adam Malysh, un polonais hallucinant à mini-moustache que je suivais sur la tournée des 4 tremplins. Il était concurrencé par de féroces Japonais. C’était captivant.

23 11 2012

Guillaume Collignon
Images extraites de la série Monuments of madness, ecal 2012
Dans l’ordre Turquie (3), Norvège, Allemagne, France (St Nizier), Autriche, Allemagne, Italie, Allemagne

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Lionel a été étudié à Grenoble et est aujourd’hui graphiste ce qui nous fait au moins deux points communs ! Pendant ses études et par le biais des Jeux Olympiques ayant eu lieu à Grenoble en 1968, il a saisi son appareil photo et est parti à l’aventure sur différents fronts. J’apprécie cette démarche. Les vestiges de la station St Honoré (versant sud de la station de l’Alpe du Grand Serre) me renvoient lointainement à l’enthousiasme naïf qui accompagne couramment cette grand-messe du sport. Le boum économique est bien entendu de courte durée et les investissements toxiques à long terme que ce se soit pour les finances locales (la piste de bobsleigh de La Plagne n’est-elle pas tout juste remboursée, 20 ans après les JO de 1992) ou pour l’environnement. Rien n’est fait pour durer, on construit sans retenue, on consomme sous des regards émerveillés, puis la fête se termine dans un grand vide. Cela me rappelle ce travail sur les installations d’Athènes 2004, édifiant.

23 11 2012

Lionel Catelan, St Honoré 1500, 2010

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C’est donc à Jasper Baydala aka Kool que l’on doit ce son et cette mise en image grésillo-comtemplative. Il est apparemment écrivain mais aussi expert en fabrication de paysage sonore atmosphérique (!). Sa musique est diffusée par l’étrange label Arbutus basé à Montreal. On peut écouter l’album Won Ton Jaz (Sean Nicholas Savage + Kool) dont est issu ce son ici. C’est bien sûr disponible en K7 chez Arbutus records, 5 $ ! Merci Bertrand, je plane là.

21 11 2012

Green Mountains Beauty, Kool (Jasper Baydala)
Arbutus Records, Montreal, 2011

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